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Fondation Laurent Pontbriand Hépatite C

Historique de la Fondation

Laurent Pontbriand, électricien de métier, travaillait depuis plusieurs années à l'usine PFCP (Produit forestier Canadian Pacifique). Le 22 juillet 1990 à Ste-Victoire, région de Victoriaville alors qu'il était immobilisé en voiture à un arrêt, il a été frappé de plein fouet par un chauffard en état d'ébriété qui roulait à une vitesse de 160km/heure. L'impact fut très violent. Dans cet accident, il y a eu 1 mort et 7 blessés. M. Pontbriand, son épouse Louise, ainsi que la passagère qui prenait place à l'arrière de leur véhicule, comptaient parmi les blessés.

Laurent Pontbriand avait été gravement blessé et était dans un état instable. Il souffrait de plusieurs fractures et de sérieux dommages à la colonne vertébrale. Il fut d'abord hospitalisé deux jours à l'hôpital Hôtel-Dieu d'Arthabaska puis devant la gravité de son état il a dû être transféré au centre de traumatologie de l'hôpital Ste-Marie de Trois-Rivières. Dû à ses nombreuses blessures, il avait perdu une grande quantité de sang. On lui a administré une transfusion de sang.

Deux ans après son accident, M. Pontbriand se sentait toujours fatigué. Son médecin lui disait que c'était un effet post-traumatique de l'accident. En fait, la vraie réponse à ses questionnements arrivait six ans plus tard. En 1996, il a reçu une lettre de la Croix-Rouge l'avisant que le sang qu'on lui avait transfusé à la suite de son accident, provenait d'un donneur infecté par l'hépatite C. Apprenant la nouvelle et sans réponses à toutes ses interrogations au sujet de cette maladie, il a fait des recherches afin de savoir ce qu'était l'hépatite C. En janvier 1998, il fut recommandé par son médecin à un gastroentérologue, afin de regarder la faisabilité d'un traitement. Il débute le traitement à l'interféron, pour enrayer le virus. À l'époque il consistait en l'injection de l'élixir à raison de trois fois par semaine. La médication étant nouvelle, elle n'était pas dosée en fonction du poids des individus. Il s'injectait donc des doses massives de ce médicament. Les effets secondaires étant très présents et difficiles, il a dû cesser le traitement après six mois, car son système immunitaire était extrêmement affaibli. Laurent ne peut reprendre le travail à cause des séquelles de son accident et de la fatigue générale due à l'hépatite C.

Un soir, il regardait une émission de télévision dans laquelle une dame complètement désespérée, victime elle aussi d'une transfusion contaminée, déclarait attendre la mort, faute de pouvoir recevoir une indemnisation. Il s'aperçut alors qu'il n'était pas seul dans cette situation. C'est à ce moment qu'il décida de passer à l'acte. Une fondation à son nom voit le jour le 7 décembre 1998 dans le sous-sol de sa résidence de Ste-Marthe du Cap-de-la-Madeleine (Trois-Rivières). Elle avait pour but de venir en aide à des gens comme lui, victimes d'une contamination par le virus de l'hépatite C, survenue lors d'une transfusion sanguine.

Un conseil d'administration a été mis en place. Il était composé de sept membres venant de différentes régions du Québec, dont quatre d'entre eux étaient directement affectés par le virus de l'hépatite C. Voici de qui était composé le premier conseil d'administration.
Mme Louise Tourigny, présidente et préposée aux bénéficiaires de métier;
M. Laurent Pontbriand, vice-président et conseiller municipal pour la ville Ste-Marthe du Cap-de-la-Madeleine (Trois-Rivières);
Mme Carole Chevalier, secrétaire et travaillait à l'époque comme adjointe administrative du maire de la ville de Ste-Marthe du Cap-de-la-Madeleine;
Mme Marie-France Beaulieu, trésorière et propriétaire d'un salon de soins esthétiques;
M. Stéphane Thériault, administrateur et informaticien;
Mme Annie Richard, administratrice et avocate de profession;
Mme Raymonde Gobeil, administratrice et professeure d'école.

Le 5 décembre 1998, assis dans son fauteuil roulant, Laurent avait organisé une manifestation sur la route 138, afin de sensibiliser les gens à l'hépatite C. Il était entouré de son épouse Louise, de ses deux enfants Patrick et Danny ainsi que d'une centaine de personnes qui ont pris part à cette manifestation. Le service de police était présent pour assurer la sécurité de tous les participants.

La première activité de sensibilisation, une conférence sur l'hépatite C, a été donnée par la fondation au club d'association féminine d'éducation et d'action sociale (L' AFEAS) en mai 1999.

Le 27 novembre 1999, Laurent est invité à aller faire du bénévolat comme emballeur chez Maxi, un grossiste en alimentation dans un centre d'achat au Cap-de-la-Madeleine. C'était dans le cadre d'une activité de levée de fonds (L'arbre des oubliés) afin d'offrir des paniers de Noël aux familles dans le besoin. Pour la même cause, un gros spectacle était organisé un peu plus loin dans le centre commercial où plusieurs chanteurs et chanteuses étaient sur place. Il y avait entre autres Gaétan Leclerc, neveu du célèbre chanteur Félix Leclerc, qui avait accepté d'aller chanter pour cette cause. Après avoir entendu chanter Gaétan, Laurent et Louise sont allés le voir pour le féliciter. Au cours de la conversation, Laurent demande à Gaétan s'il serait intéressé à devenir porte-parole pour la Fondation. Après réflexion, Gaétan accepte de bon cœur. Depuis ce jour, Gaétan participe bénévolement à toutes les activités de la Fondation. Merci infiniment Gaétan!

La première assemblée générale de la Fondation s'est tenue à la salle du conseil de ville de Ste-Marthe du Cap-de-la-Madeleine, où Laurent était conseillé municipal. Une trentaine de personnes ont pris part à cette assemblée.

En 2000 la Fondation s'installait dans un petit local situé au 109 Brunelle Trois-Rivières (secteur Cap-de-la-Madeleine). Ce petit local servait de vestiaire dans l'immeuble, c'est à peine si ont pouvait y installer 2 petits bureaux de travail parmi les manteaux. Nous avons dû effectuer quelques transformations pour obtenir de la confidentialité lors des visites de la clientèle.

Le 14 mars 2000, le premier souper spaghetti bénéfice s'est déroulé au Restaurant Madelon au Cap-de-la-Madeleine. Il s'est avéré un grand succès. Au fil des années, cette activité est devenue une tradition. Elle se répète chaque année au même endroit et demeure toujours aussi populaire. Un merci spécial à la famille Paquin!

Le 24 août 2001, le premier tournoi de golf-bénéfice a eu lieu au club de golf Marthelinois à Ste-Marthe du Cap-de-la-Madeleine. Le coût du billet était de 115$. M. Richard Dufresne, anciennement maire de la ville de Ste-Marthe du Cap-de-la-Madeleine, avait accepté la présidence d'honneur de ce tournoi.

Pour subvenir aux besoins de l'organisme, une demande de subvention a été demandée au ministère de la Santé du Québec. La réponse fut négative, car une fondation ne peut obtenir de subvention pour embaucher du personnel ou pour le fonctionnement normal du bureau. C'est à ce moment que l'organisme Hépatites Ressources a été créé en 2002. Depuis ce jour, la Fondation ne fait qu'amasser des fonds et Hépatites Ressources offre tous les services.

D'où vient le sang contaminé?

Entre les années 1970-1980, en Arkansas aux États-Unis, les prisonniers d'un centre de détention recevaient 5$ en échange d'un don de sang afin de pouvoir s'acheter entre autres des cigarettes. Parfois les prisonniers se pliaient à des tests sanguins, parfois pas. Selon Dennis Bueckert journaliste de la presse canadienne, certains prisonniers sachant qu'ils étaient contaminés versaient des pots-de-vin pour pouvoir donner du sang et ainsi avoir de l'argent. Cette saga s'est poursuivie jusqu'au début des années 1980.

Au début de 1983, suivant l'avis de la US Food and Drug Administration (FDA), les banques de sang américaines ont cessé d'acheter du sang de prisonniers parce qu'il était considéré à risque élevé. Les gestionnaires du programme de sang de l'Arkansas ont alors dû s'efforcer de trouver de nouveaux acheteurs, ils ont trouvé la compagnie Continental montréalaise Cryosan. Thomas Hecht, l'ex-président de l'entreprise déclarait au Quotidien Ottawa Citizen qu'il avait la conscience tranquille à l'égard de l'importation de sang des détenus parce que celui-ci avait été autorisé par les autorités américaines.

Bien que cette histoire de contamination sanguine soit complexe, le scandale repose essentiellement sur une série de mesures d'action prises par les administrateurs et les organismes de règlementation du système canadien d'approvisionnement en sang.

En octobre 1993, le gouvernement fédéral met sur pied la commission d'enquête sur l'approvisionnement en sang au Canada (connue sous le nom de Commission Krever). Sous la direction du juge Horace Krever, elle enquête pendant 4 années sur la tragédie du sang contaminé et publie son rapport final le 21 novembre 1997. Elle mène une série de batailles épineuses contre le gouvernement, surtout en ce qui concerne le droit de citer publiquement les noms des personnes qui avaient manqué à leurs devoirs.

Au bout de quatre années d'enquête, la police a porté plusieurs accusations contre les principaux scientifiques de Santé Canada, de la Croix-Rouge canadienne et de société pharmaceutique Armour Pharmaceutical Co., mais les victimes du sang contaminé affirment que les accusations ne constituent qu'un début et renouvellent leurs appels pour un examen plus en profondeur des motifs politiques à la base des décisions les plus controversées. (Auteur: André Picard) Bibliographie: André Picard, The gift of death : confronting Canada's tainted blood tragedy (1998).

Principales constatations du rapport Krever

Pas moins de 2 000 canadiens ont contracté le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), en raison de transfusions ou de l'utilisation de produits sanguins entre 1978 et 1985 et 30 000 canadiens ont contracté le VHC à cause du système d'approvisionnement en sang de 1986 à 1990.

Suite au rapport du juge Krever, le gouvernement fédéral a offert 1,1 milliard de dollars aux personnes infectées de l'hépatite C suite à une transfusion uniquement pour les transfusés entre 1986 à 1990. Dans cette période, le gouvernement admet ne pas avoir pris les dispositions nécessaires pour appliquer les tests disponibles qui auraient permis de déceler l'hépatite C.

Quant aux personnes victimes de l'hépatite C, elles se sont engagées dans une lutte très publique pour obtenir une compensation financière, mais les gouvernements décident de tenter un règlement hors cour. Les gouvernements rejettent les principales recommandations de la commission, lesquelles insistent que les victimes passées, présentes et futures du sang contaminé ont droit à une indemnisation hors faute.

Le recours collectif

Suite à la sortie publique du scandale des transfusions de sang contaminé et aux recommandations du juge Horace Krever, le gouvernement fédéral avait décidé d'indemniser les victimes qui avaient contracté le virus par transfusion entre le 1er janvier 1986 et le 1er juillet 1990 (parût le 06 juin 2006 dans le Live2Times). Rappelons qu'après cette décision, le Bloc Québécois avait fait sienne la recommandation du juge Krever à l'effet d'indemniser toutes les victimes par transfusion, multipliant ainsi les pressions sur le gouvernement fédéral.
M. Pontbriand avait été infecté 22 jours après la date retenue pour déterminer les personnes pouvant être compensées, soit après le 1er juillet 1990, alors qu'il a subi un grave accident de voiture le 22 juillet de la même année. Il s'est ainsi retrouvé dans le débat juridique qui entoure l'indemnisation des victimes avant 1986 et après 1990.
Deux ans après que l'offre d'indemnisation aux personnes infectées par l'hépatite C entre 1986 et 1990 via le système sanguin avait été annoncée, la question des personnes infectées avant 1986 et après 1990 était toujours en suspend.
Le 1er mars 1999, Laurent Pontbriand a fait parvenir une lettre à L'honorable Allan Rock, ministre de la Santé, sollicitant une rencontre avec lui, afin de discuter de la position du gouvernement dans ce dossier et du sort qu'il réserve aux milliers d'hommes et de femmes qui ont fait confiance au système et se retrouvent, aujourd'hui, devant rien.

La contamination de milliers de canadiens et canadiennes par le virus de l'hépatite C est le pire désastre évitable à être survenu au Canada dans le domaine de la santé publique. L'enquête publique a coûté près de 10 milliards de dollars en poursuites judiciaires et nécessité une enquête criminelle. C'est l'une des plus longues sagas juridiques du pays.

D'autre part, nous tenons à vous rassurer, car maintenant au Québec, tous les dons de sang sont soumis à une multitude de tests par l'entremise d'Héma-Québec. Ainsi, vous ne courez plus de risques d'être contaminé par une transfusion. Malgré le fait qu'il n'y ait plus de gens au Québec qui contractent le virus de l'hépatite C par transfusion, il en demeure qu'encore beaucoup de gens sont infectés par ce virus. Conséquemment, la fondation conserve toujours son importance et c'est pourquoi nous continuons à aider les personnes atteintes et ce, peu importe le mode de transmission.


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